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Ils étaient venus, ils étaient -presque
- tous là, élus des Alpes-Maritimes et du Var, ainsi
que les principaux représentants du monde économiques,
pour exprimer, ce 14 novembre, au ministre de l'Intériur
Claude Guéant, et à mots parfois à peine couverts, leur
désarroi face à ce nouveau coup du sort
qui a frappé, voici une semaine à peine, le Var
et les Alpes-Maritimes. Une seconde vague de fortes
intempéries qui fait craindre à certain que ces circonstances
météorologiques jusqu'alors qualifiées d'exceptionnelles par
leur ampleur, ne relèvent désormais d' un
phénomène climatique appelé à se renouveler... "Grâce
à une grande solidarité, nous venions de digérer la
première catastrophe, intervenait en premier Hubert
Falco... Pour ce Var à nouveau meurtri, il y a une
véritable urgence à mettre en place divers dispositifs
pour venir en aide aux particuliers, aux entreprises,
et aux collectivités..." Urgence ! Un
mot, un constat, qui devait de fait revenir comme
une antienne dans les propos des divers intervenants.
Urgence pour les indemnisations par les assurances;
urgence pour que soient réalisés les aménagements indispensables
destinées à protéger les zones à risques via notamment les
P.A.P.I., Programmes d'Actions de Prévention des
Inondations; urgence pour que soient appliqués les P.P.R.I.
(Plan de Prévention des Risques Inondations), qui permettront
entre autres de réduire la franchise des assurances
de 40 % à 10 %. Urgence...
Arrêté de catastrophe dès le 18
novembre Indirectement dans le colimateur,
Bernard Spitz président de la fédération française des sociétés d'assurance,
tout en indiquant que le coût total des dégats se chiffrerait
entre 600 et 800 M€, s'est efforcé de rassurer
l'assistance, en affirmant que, "depuis une
semaine, les procédures ont été accélerées. Les compagnies
d'assurance n'ont pas attendu les mesures administratives
et 80% des rendez-vous pris ont été assurés. J'affirme
que la vitesse sera maximale pour répondre aux attentes
d'indemnisations..." Une déclaration dont prenait
acte le Préfet de Région, Hugues Parant, lequel quelques
instants auparavant avait déploré que "le temps
des assurances n'est pas celui des particuliers et des
entreprises, ce qui paralyse directement la reprise
de la vie économique..." Claude Guéant de
son côté affirmait que l'arrêté de catastrophe naturelle,
indispensable au déclenchement des indemnisations, serait
pris dès le 18 novembre.
Ce qui existe ne sera pas détruit Par
delà les inquiétudes exprimées pour le futur immédiat
: comment indemniser au plus vite les particuliers,
chefs d'entreprises et responsables d'exploitations
agricoles, pour éviter le désespoir et permettre un
redémarrage de l'activité économique, un autre volet
a été abordé : celui des moyens à mettre en œuvre
pour éviter que ces épisodes météorologiques, dont chacun
s'accordait à prévoir le renouvellement, ne se soldent
à nouveau par des catastrophes... Des propos qui permettaient
au préfet du Var, Paul Mourier, d'insister sur l'absolue
nécessité pour les communes d'approuver les P.P.R.I.
"Il existe dans le département des freins qui
font que les Plans de Préventions, que ce soit pour
les incendies ou désormais pour les inondations, ne
sont pas adoptés... C'est regrettable, et cette deuxième
crise est une leçon qui vous invite à aller vite..."
Et d'enfoncer le clou : "Les PPRI seront tous
prescrits au plus tard début 2012... Ce qui ne veut
pas dire que la concertation ne va pas se poursuivre.
Mais il faut que le Var fasse preuve de responsabilités..." Des
paroles bien entendu approuvées par le ministre de l'intérieur
qui dénonçait au passage les manifestations d'opposition
aux PPRI. "Ce qui existe ne sera pas détruit,
mais il faut le mettre à l'abri. Dans un département
ausi attractif que le vôtre, il faut penser à l'avenir
et interdire les constructions dans les zones menacées.
Il ne faut pas avoir d'état d'âme pour le passé, et
prendre résolument le chemin des PPRI et des PAPI, c'est
la meilleure assurance pour le développement futur..."
B.L.
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Ils ont dit...
Alain Baccino, président
de la Chambre d'Agriculture du Var "Les
agriculteurs de la basse vallée de l'Argens sont victilmes
de 30 ans d'aménagements mal planifiés (...) Le béton et
le goudron ont fait que les eaux dévalent sur les terres
agricoles (...) Il appartient à la société de les protéger
d'une troisième crue. Sinon il n'y aura bientôt plus
d'agiculteurs dans ce secteur (...) On va vers une précarisation
de la profession (...) Nous ne demandons pas de subventions,
mais des mesures (...) Par ailleurs, le processus pour les
calamités agricoles est trop long. Il nous faudrait
l'équivalent du FISAC...
Jacques
Bianchi, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie
du Var "Touchées à deux reprises à
16 mois d'intervalle, nombres d'entreprises sont en
grande difficulté. Il faut agir vite... "
Jacques Montano,
président de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat
du Var "Nous souhaitons qu'un vrai plan
de sauvegarde soit associé à l'aménagement des zones
existantes(... )Beaucoup d'artisans risquent de mettre
la clé sous la porte, si on ne leur vient pas rapidement
en aide, c'est pour cela que nous avons demandé le Fond
de Solidarité Artisanale (...) Par ailleurs comment faire
face à l'augmentation de 10 à 40% des franchises?"
Horace Lanfranchi,
président du Conseil général du Var "Le
Var est touché pour la deuxième fois, avec une
impression de déjà vu. En 2010, le département est
intervenu à hauteur de 30 M€, plus 3 M€ versés aux entreprises
et 1 M€ aux exploitations agricoles (...) Pour 2011, je proposerai
12 M€ toutes aides confondues (...) Par ailleurs l'écrêtement des droits de mutation, instauré par la loi de finances pour 2010, fait
que le département est ponctionné à hauteur de 19 M€,
et le sera de 26 M€ l'an prochain. Ne pourrions nous
être exonérés de cette charge, au moins pour les 3 ans
qui viennent, le temps que nous puissions relever
la tête? ( Claude Guéant a assuré qu'il examinerait
cette demande, mais que la décision étant d'ordre
législatif, les choses sont compliquées)
Max Piselli, maire de Draguignan "Il
est curieux de constater que, en l'état actuel des choses,
il nous est totalement interdit de procéder à des
interventions indispensables comme la modification en
profondeur du lit de la Nartuby, entre autres son creusement
(...) La solution à mon avis passerait indiscutablement
par la mlise en œuvre d'un PAPI à l'échelle du bassin
Argens-Nartuby et de tous les affluents (...) L'ampleur
des travaux nécessiterait la création d'un grand syndicat
intercommunal en partenariat avec le Conseil général..."
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