Le ministre de  l'Intérieur dans le Var

"Il faut préserver l'avenir ..."

Après s'être rendu à Puget sur argens, où il a rencontré plusieurs chefs d'entreprises touchées par les récentes inondations, Claude Guéant, accompagné par le préfet de Région Hugues Parant et Bernard Spitz, président de la fédération française des sociétés d'assurance,  a présidé une réunion à Draguignan au cours de laquelle élus et acteurs économiques du Var et des Alpes-Maritimes ont pu dire leurs inquiétudes et leurs attentes. Le ministre les a assurés d'un soutien sans faille de l'Etat, insistant cependant sur la nécessité absolue de mettre en place des plans de prévention et d'aménagement "afin de préserver l'avenir"

Réunion de travail au Conseil général du Var à Draguignan                                                                                           (Photo B.L.)

 

Ils étaient venus, ils étaient -presque - tous là, élus des Alpes-Maritimes et du Var, ainsi que les principaux représentants du monde économiques, pour exprimer, ce 14 novembre, au ministre de l'Intériur Claude Guéant, et à mots parfois à peine couverts, leur désarroi face à ce nouveau coup du sort qui a frappé, voici une semaine à peine, le Var et les Alpes-Maritimes. Une seconde vague de fortes intempéries qui fait craindre à certain que ces circonstances  météorologiques jusqu'alors qualifiées d'exceptionnelles par leur ampleur, ne relèvent désormais d' un phénomène climatique appelé à se renouveler...
"Grâce à une grande solidarité, nous venions de digérer la première catastrophe, intervenait en premier Hubert Falco... Pour ce Var à nouveau meurtri, il y a une véritable urgence à mettre en place divers dispositifs pour venir en aide aux particuliers, aux entreprises, et aux collectivités..."
Urgence ! Un mot, un constat, qui devait de fait revenir comme une antienne dans les propos des divers intervenants.
Urgence pour les indemnisations par les assurances; urgence pour que soient réalisés les aménagements indispensables destinées à protéger les zones à risques via notamment les P.A.P.I., Programmes d'Actions de Prévention des Inondations; urgence pour que soient appliqués les P.P.R.I. (Plan de Prévention des Risques Inondations), qui permettront entre autres de réduire la franchise des assurances de 40 % à 10 %. Urgence...

Arrêté de catastrophe dès le 18 novembre
Indirectement dans le colimateur, Bernard Spitz président de la fédération française des sociétés d'assurance, tout en indiquant que le coût total des dégats se chiffrerait entre 600 et 800 M€, s'est efforcé de rassurer l'assistance, en affirmant que, "depuis une semaine, les procédures ont été accélerées. Les compagnies d'assurance n'ont pas attendu les mesures administratives et 80% des rendez-vous pris ont été assurés. J'affirme que la vitesse sera maximale pour répondre aux attentes d'indemnisations..." Une déclaration dont prenait acte le Préfet de Région, Hugues Parant, lequel quelques instants auparavant avait déploré que "le temps des assurances n'est pas celui des particuliers et des entreprises, ce qui paralyse directement la reprise de la vie économique..."
Claude Guéant de son côté affirmait que l'arrêté de catastrophe naturelle, indispensable au déclenchement des indemnisations, serait pris dès le 18 novembre.

Ce qui existe ne sera pas détruit
Par delà  les inquiétudes exprimées pour le futur immédiat : comment indemniser au plus vite les particuliers, chefs d'entreprises et responsables d'exploitations agricoles, pour éviter le désespoir et permettre un redémarrage de l'activité économique, un autre volet a été abordé :  celui des moyens à mettre en œuvre pour éviter que ces épisodes météorologiques, dont chacun s'accordait à prévoir le renouvellement, ne se soldent à nouveau par des catastrophes... Des propos qui permettaient au préfet du Var, Paul Mourier, d'insister sur l'absolue nécessité pour les communes d'approuver les P.P.R.I. "Il existe dans le département des freins qui font que les Plans de Préventions, que ce soit pour les incendies ou désormais pour les inondations, ne sont pas adoptés... C'est regrettable, et cette deuxième crise est une leçon qui vous invite à aller vite..." Et d'enfoncer le clou : "Les PPRI seront tous prescrits au plus tard début 2012... Ce qui ne veut pas dire que la concertation ne va pas se poursuivre. Mais il faut que le Var fasse preuve de responsabilités..."
Des paroles bien entendu approuvées par le ministre de l'intérieur qui dénonçait au passage les manifestations d'opposition aux PPRI. "Ce qui existe ne sera pas détruit, mais il faut le mettre à l'abri. Dans un département ausi attractif que le vôtre, il faut penser à l'avenir et interdire les constructions dans les zones menacées. Il ne faut pas avoir d'état d'âme pour le passé, et prendre résolument le chemin des PPRI et des PAPI, c'est la meilleure assurance pour le développement futur..." 
 

 B.L.

Ils ont dit...

Alain Baccino, président de la Chambre d'Agriculture du Var
"Les agriculteurs de la basse vallée de l'Argens sont victilmes de 30 ans d'aménagements mal planifiés (...) Le béton et le goudron ont fait que les eaux dévalent sur les terres agricoles (...) Il appartient à la société de les protéger d'une troisième crue. Sinon il n'y aura bientôt plus d'agiculteurs dans ce secteur (...) On va vers une précarisation de la profession (...) Nous ne demandons pas de subventions, mais des mesures (...) Par ailleurs, le processus pour les calamités agricoles est trop long. Il  nous faudrait l'équivalent du FISAC...

Jacques Bianchi, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Var
 "
Touchées à deux reprises à 16 mois d'intervalle, nombres d'entreprises sont en grande difficulté. Il faut agir vite... "

Jacques Montano, président de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat du Var
"
Nous souhaitons qu'un vrai plan de sauvegarde soit associé à l'aménagement des zones existantes(... )Beaucoup d'artisans risquent de mettre la clé sous la porte, si on ne leur vient pas rapidement en aide, c'est pour cela que nous avons demandé le Fond de Solidarité Artisanale (...) Par ailleurs comment faire face à l'augmentation de 10 à 40% des franchises?"

Horace Lanfranchi, président du Conseil général du Var
"Le Var est touché pour la deuxième fois, avec une impression de déjà vu. En 2010, le département est intervenu à hauteur de 30 M€, plus 3 M€ versés aux entreprises et 1 M€ aux exploitations agricoles (...) Pour 2011, je proposerai 12 M€ toutes aides confondues (...)
Par ailleurs
l'écrêtement des droits de mutation, instauré par la loi de finances pour 2010, fait que le département est ponctionné à hauteur de 19 M€, et le sera de 26 M€ l'an prochain. Ne pourrions nous être exonérés de cette charge, au moins pour les 3 ans qui viennent,  le temps que nous puissions relever la tête?
( Claude Guéant a assuré qu'il examinerait cette demande, mais que la décision étant d'ordre législatif, les choses sont compliquées)

Max Piselli, maire de Draguignan
"
Il est curieux de constater que, en l'état actuel des choses, il nous est totalement interdit de procéder à des interventions indispensables comme la modification en profondeur du lit de la Nartuby, entre autres son creusement (...) La solution à mon avis passerait indiscutablement par la mlise en œuvre d'un PAPI à l'échelle du bassin Argens-Nartuby et de tous les affluents (...)  L'ampleur des travaux nécessiterait la création d'un grand syndicat intercommunal en partenariat avec le Conseil général..."