Le Moyen - Var à la croisée des destins

 Fort d'une croissance démographique importante, ce territoire bordé par trois grandes agglomérations, est dans l'obligation de répondre efficacement aux défis qui lui sont imposés (emplois, logements, transports, etc.) sous peine de s'enfermer dans un statut de zone "dortoir"

Comment agir et où, pour éviter que le Moyen-Var échappe à son destin de belle région au bois dormant, tel est le fil conducteur de l'étude que l'INSEE a réalisé dans le cadre de son partenariat avec la Région PACA, et dont les conclusions viennent d'être présentées en présence de Sylvie Massimi, conseillère régionale et 1ere adjointe au maire de Brignoles et d'Olivier Biau, Chef du service Etudes et Diffusion de l'insee PACA.
C'est qu'il y a urgence en l
a matière !  
Car, pour faire court, ce territoire constitué par quatre SCOT (1) - Provence Verte; Coeur du Var; Dracénie et Pays de Fayence - et traversé par deux autoroutes, a vu sa population tripler en 45 ans (251000 hab. en 2008) dépassant  de très  loin la croissance démographique du département, de la Région et du territoire national.  

Document Insee PACA

 Alors que, parallèlement, un habitant du Moyen-Var sur trois doit travailler, faute d'emplois sur le secteur concerné,  dans les grandes améliorations environnantes. Le risque de voir, même si l'Insee préfère le terme de "résidentiel" - cette superficie s'installer dans un statut de territoire-dortoir est donc bien présent, et, pour inverser la tendance, comme pour un corps malade, il faut d'abord savoir où ça fait mal.
 Et d'autant plus vite que les grandes aggolmérations voisines "vampirisent" en quelque sorte la jeunesse du Moyen-Var, les 18-30 ans quittant la terre d'accuil pour y faire leurs études et y chercher un emploi.
Ce qui implique aussi que si ces agglomérations s'enrhument, comme ce peut -être le cas lors par exemple de crise économique, le Moyen-Var éternue, avec à la clé une accentuation du chômage et de la précarité, qui met de façon criante en avant le lourd déficit en logements sociaux.
Parallèlement, d'autres défis sont à prendre en compte : ainsi le passage obligé par l'emploi extérieur induit une circulation automobile très dense (85 % des déplacements sur le Moyen-Var se font en voiture), vecteur de fortes émissions de CO2,  faute d'autres moyens de transports appropriés. Par ailleurs, le fait que les 2/3 environ du territoire soient encore à l'état naturel et 1/4 à vocation agricole génère une forte pression foncière avec à la clé un combat latent pour préserver ce qui fait l'un des atouts majeurs - et touritiques - du département  la beauté de ses paysages.
Pour Sylvie Massimi, l'enjeu est on ne peut plus important , car le dynamisme en matière de population du Moyen-Var n'est pas près de se ralentir "et tout doit être fait pour que les populations trouvent sur ce territoire ce qu'elles sont en droit d'attendre " : des gisements d'emplois pour les jeunes, ce qui pourrait passer par un maillage de PME-PMI; des transports collectifs appropriés; une politique en matière de logements répondant à la demande mais respectueuse des espaces agricoles et du patrimoine naturel, etc. "C'est tous ensemble que nous pourrons y arriver..."
Mais le gant n'est pas facile à relever : la lente, très lente, maturation du projet de réouverture de la ligne ferroviaire Gardanne-Carnoules, en est un exemple.

B.L.
 

 (1) Schémas de Cohérence Territoriale