Les fruits du défi

Licenciés économiques après la liquidation judiciaire en 2008 de la société qui les employait depuis vingt ans à Grasse, deux cadres ont relevé le défi de perpétuer le savoir-faire de l'ancienne entreprise en implantant une nouvelle usine sur la commune de Seillans. Spécialisée dans la production de fruits secs caramélisées, et forte d'un carnet de clients toujours intéressés, "Marceval Crunchy Nuts"  a débuté sa production in situ depuis le début du mois de septembre, sur la nouvelle zone d'activités seillanaise.

 
Dans un monde économique réputé sans pitié, c'est incontestablement ce que l'on peut appeler une belle histoire.
Licenciés en 2008 par une entreprise grassoise spécialisée depuis les années 50 dans la transformation et l'enrobage de fruits secs pour l'industrie agroalimentaire, deux cadres, Marcel Beaumont, ex directeur de production et Eva Stierle ex responsable commerciale, décident de relever le défi et de lancer, grâce à leur savoir-faire, une nouvelle unité de production. Forts du soutien financier de la famille, d'amis et surtout d'une banque, ils acquièrent dans un premier temps le matériel vendu aux enchères  turbines de caramélisation, unité de conditionnement et laboratoire contrôle qualité.
La seconde étape a consisté à trouver un emplacement.  

 Après recherche, c'est dans un premier temps dans un local situé sur la commune de Montauroux (A.M.) que la structure jette l'ancre, avec l'aide de la Chambre de Commerce et d'Indutrie du Var, via son outil de développement économique Var Accueil Investisseurs. Mais de façon toute provisoire car, même si la production est lancée avec notamment la signature d'un premier gros contrat, l'étroitesse des lieux ne satisfait pas les dirigeants, qui souhaitent disposer de leur propre usine.
La CCIV entre à nouveau en jeu, et met en relation les co-gérants avec le maire de Seillans, René Ugo, qui précisément est en train d'aménager une zone d'activité de 3,5 ha. Le projet "Marceval" (1) répondant au cahier des charges très strict voulu par le premier magistrat en matière notamment d'esthétique et d'exigences environnementales, est accepté, fort également des créations d'emplois envisagées par l'unité. 
Après un investisement de 110 000 € dans l'outil de production et de 450 000 € pour l'achat du terrain et la construction du bâtiment, l'équipe dispose désormais de 350 m2 de locaux , dont  250 consacrés à la production proprement dite, sur une parcelle de 1300 m2. Ce qui permettra l' l'extension de l'unité d'ores et déjà envisagée.

Un avenir prometteur
Depuis 2008, année de la signature du premier contrat important, l'équipe sait qu'elle peut regarder vers l'avenir avec prudence, certes, mais surtout avec confiance. Et c'est un indiscutable optimisme qui a présidé, le 30 septembre dernier, à l'inauguration de "Marceval Crunchy Nuts" en terre varoise. "Nous réalisons 60% de notre chiffre d'affaire à l'export, Europe et Japon, auprès d'industriels de l'agroalimentaire, précise Eva Stierle, essentiellement des chocolatiers, glaciers, biscuiterie comme Lindt, Revillon, Thiriet." Auxquels s'est ajoutée depuis la chaîne de restauration rapide KFC. Par ailleurs l'Asie et le Proche Orient sont également dans la visée de Marceval, depuis les rencontres effectuées lors du Golfe Food à Dubaï, avec un projet en cours "avec le plus grand glacier iranien" Enfin pour l' Europe, il est question de l'engagement d'un industriel chocolatier d'ici la fin de l'année, avec un marché de 80 tonnes.
Le secret de cette réussite naissante ? Incontestablement une référence de travail sérieux et de qualité, porté par des années d'expérience et que la norme ISO 22000, norme internationale relative à la sécurité des produits alimentaires, obtenue en 2010 a entérinée. "Et pour 2012 nous visons l'obtention de deux autres normes : l'International Food Standard et le British Retail Consortium..."
 Mais il y a aussi autre chose, sur laquelle les dirigeants restent discrets : un petit secret de fabrication "qui fait la différence et qui nous permet de proposer des fruits dont le goût reste naturel et la texture croquante..."
De quoi croquer l'avenir à pleine dents...

B.L. (Photos M-C.L.)

 (1) Pour la petite histoire, l'appelation est issue de la contraction des prénoms des deux gérants, Marcel et Eva.