"Une
décision stupide, qui mettra en danger la vie des futures
mamans..."
A la veille d'une rencontre avec le directeur
de l'Agence Régionale de Santé, les élus des communes
concernées ont réaffirmé, avec le soutien de praticiens,
leur opposition à la fermeture de la maternité de l'hôpital
Georges-Sand à la Seyne sur Mer au profit d'un transfert
vers le futur hôpital Sainte-Musse.
Cela avait quelque
chose d'une veillée d'armes. A quelques
heures d'une rencontre importante avec
le directeur de l'Agence Régionale de
Santé, Robert Beneventi, maire d'Ollioules
et Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier
étaient venus, mardi après-midi, redire
leur attachement au maintien de la maternité
au sein de l'hôpital Georges-Sand aux
côtés du maire de La Seyne sur Mer,
Marc Vuillemot.
Pour cette réunion
d'information à destination des médias,
les élus étaient soutenus par divers
médecins, l'association des sages-femmes
ainsi que le Collectif Varois de Défense
pour l'Accès aux Soins, qui, tous,
ont mis l'accent sur le danger à fermer
ce service de proximité, ancré dans
l'ouest toulonnais et qui enregistre
à ce jour environ 1400 naissances par
an, au profit d'une structure de niveau
3 dans le futur établissement hospitalier
de Sainte-Musse, à l'est de l'agglomération.
Une orientation d'autant moins compréhensible
que, comme le précisait Marc Vuillemot,
l'hôpital ouvert il y a quinze
ans avait été labellisé "pôle mère-enfant".
"Il s'agit d'un acte de barbarie
sociale organisé", martelait
de son côté le Dr Petit, gynécologue-accoucheur.
On met ainsi les femmes en danger,
par une méconnaissance profonde des
dossiers et de la réalité de terrain..."
"
Si la décision de fermer cette maternité devait aller
à son terme, ce serait catastrophique pour la sécurité
des mamans et des enfants. Nous avons fait un test :
de l'hôpital Georges-Sand à Sainte-Musse, il faut
55 minutes en voiture avec un trafic normal. C'est
un risque considérable que l'on va faire courir aux
parturientes, car il n'y aura plus de maternité de l'ouest
de Toulon à La Ciotat..."
Robert Beneventi,
maire d'Ollioules vice-président de TPM,
conseiller régional "Je suis, au sein de
T.P.M., en charge de l'aménagement du territoire, et
l'espace communautaire est multipolaire. Toulon Ouest
est aussi important que Hyères, Toulon Est et Toulon
centre. C'est pour cela que je considère qu'il est dangereux
de concentrer en un seul lieu un service de cette importance.
Ce n'est pas une question politique, mais de bon sens...
Quant aux économies que l'on nous présente, c'est un
leurre car cette structure nécessitera des frais
de fonctionnement élevés, avec plusieurs responsables
et cela deviendra ingérable..."
Gilles Vincent,
maire de Saint-Mandrier
"Cette affaire
me rappelle celle du SAMU à Saint-Mandrier. On nous
avait dit : ne vous inquiétez pas, vous aurez un
hélicoptère à la place, sur la base aéronavale. Aujourd'hui,
il n'y a plus la base, et pas d'hélicoptère... Je n'ai
rien contre le regroupement des moyens, mais pas au
mépris de la réalité de terrain et des dossiers. Ce
qui risque de se mettre en place est hautement dangereux..."
Dr Jacques Petit,
spécialiste en gynécologie obstétrique
"Quand le projet
de transfert avait été autrefois envisagé, le contexte
était différent. A titre d'exemple, en 1979, il y avait
11 maternités sur le secteur. Aujourd'hui il n'en reste
que trois... On compte, sur l'Ouest toulonnais, 12 gynécologues
et 9 pédiatres. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes et
donnent à réfléchir... Nous sommes en présence d'une
décision stupide et dangereuse. Si cette maternité ferme
aujourd'hui, elle devra réouvrir demain...
Sandrine Siarri,
sage-femme
"Ce transfert,
s'il devient effectif, posera un énorme problème pour
le suivi des mamans à domicile. De plus cela ne sera
pas sans répercussion au niveau psychologique. Enfin
qu'adviendra-t-il s'il survient un incident pré ou post
natal?"
Thierry Lejeune,
pédiatre
"Ce qui est
primordial, dans le domaine de la maternité, c'est la
proximité avec les services de soins et de suivi. Il
est difficle de concevoir qu'un secteur aussi important
que l'Ouest de Toulon, avec les communes de Saint-Mandrier,
La Seyne sur Mer, Sanary sur Mer et Ollioules se retrouve
sans maternité..."
La
fermeture de la maternité de l’hôpital Georges Sand à la Seyne apportera
peut-être un bénéfice administratif en concentrant la gestion à Toulon. Je pense
que ce bénéfice sera coûteux : Il sera coûteux en
déplacements : pour les ambulances et pour les familles qui seront en
difficultés l’été et aux heures de pointe. Il sera coûteux techniquement
car il faudra développer un plateau technique à Toulon et conserver un minimum
à La Seyne. Il sera coûteux
médicalement car le suivi « mère-enfant » sera relâché à cause de la
distance. Il sera coûteux
humainement car tous les travaux cliniques et scientifiques démontrent
l’importance des interactions précoces dans le tissage du lien de
l’attachement. Enfin, il sera
coûteux historiquement, parce que c’est justement de l’hôpital de La Seyne que
sont partis les premiers travaux sur les interactions précoces et leur
importance dans le développement cognitif de l’enfant, lors d’un colloque
international organisé aux Embiez par Jacques Petit et Pierre Pascal en 1985. Est-ce vraiment une
bonne affaire de fermer un service plus que jamais utile à la population
Seynoise ? J’espère, que ces
arguments vous aideront à défendre la nécessité de maintenir le fonctionnement
de la maternité à l’hôpital Georges Sand à La Seyne. Soyez assuré,
Monsieur le Maire, de mon respect et de mon engagement à vos côtés.
Il ne s'agit
pas du tout de critères de qualité mais d'une réorganisation des établissements
hospitaliers et des cliniques, décidée en 1998 afin que les futures mamans accouchent dans le lieu le
mieux adapté à leur grossesse.
En fait, ce sont les soins apportés au bébé
qui font la différence entre les trois niveaux de maternités. Les établissements de niveau 1 accueillent
les futures mamansdont
la grossesse et, a priori, l'accouchement ne présente aucun risque... c'est-à-dire
la majorité. Les maternités de niveau 2 possèdent
un service de néonatalogie ou de soins intensifs néonatals sur place ou à
proximité. Elles peuvent accueillir des prématurés
de 33 semaines et plus : ils ont besoin de soins mais pas
de prise en charge lourde, notamment sur le plan respiratoire.
Enfin, les établissements de niveau 3
disposent d'un service de réanimation néonatale et sont spécialisés dans le
suivi des grossesses pathologiques (hypertension sévère, diabète) ou multiples,
celles dont on sait, dès la conception, qu'elles présentent un risque pour l'enfant à naître. Les prématurés de
moins de 33 semaines, par exemple, naissent dans ce type d'établissement, car
les médecins doivent intervenir immédiatement pour des raisons de détresse
respiratoire
Quel que soit le niveau de la maternité, le bloc obstétrical est le même
partout. Il est conçu pour des accouchements
ne posant pas de problème particulier et ceux, plus délicats (césarienne ou
forceps par exemple) nécessitant la présence d'un gynécologue-accoucheur. Les
trois niveau disposent aussi d'un anesthésiste-réanimateur, d'un pédiatre et de
sages-femmes. L'équipe médicale n'est donc pas réduite dans les maternités de
niveau 1.