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Jeudi 19 mai 2011

Nicolas Sarkozy dans le Var

Réponses aux inquiétudes des maires

Ainsi qu'il l'a déjà fait dans le Cher, le Morbihan et les Ardennes, le chef de l'Etat est allé à la rencontre des maires du Var, à l'occasion de leur assemblée générale dans le gymnase municipal de Bormes les Mimosas.
Ceux qui s'attendaient à des, ou tout au moins une  information inédite, en ont été pour leurs frais. Néammoins Nicolas Sarkozy, en particulier en se prêtant à un jeu de questions-réponses avec les élus, a  apporté quelques précisions sur des sujets prêtant à inquiétude.
Plus tôt dans la matinée, toujours accompagné de Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur,  et de Philippe Richert, ministre chargé des collectivités territoriales, le président de la République avait inauguré la nouvelle brigade de gendamerie à La Londe les Maures. Une manifestation qui lui a permis notamment de réaffirmer sa fermeté par rapport aux nouvelles mesures prises dans le cadre de la Sécurité Routière, et en particulier au sujet de l'enlèvement des panneaux indicateurs de radars. "Je ne laisserai par repartir à la hausse le nombre de morts sur les routes, a-t-il martelé. Je ne céderai pas sur cet objectif. Je comprends les agacements, la vie est difficile pour tout le monde.

 On se dit : on nous met des règles, puis on nous met des contrôles, je comprends parfaitement cela. Et le ministre de l'intérieur qui a toute ma confiance, va trouver les voies et les moyens pour apaiser les inquiétudes".
A suivre, donc...

Sur la photo, le chef de l'état accueilli à son arrivée par le maire de Bormes les Mimosas Albert Vatinet et par Jean-Pierre Véran, président de l'association des maires du Var


 

Au cours de la réunion (Photos M-C.M.)

Tour à tour, six maires ont exprimé leurs préoccupations, voire les inquiétudes qu'ils partagent avec leurs collègues :

  •  Jean-François Massue (Méounes Les Montrieux) sur la place des petites communes dans les regroupements intercommunaux.
  • Nicole Fanelli (Salernes) sur la réforme des finances locales
  • Nello Broglio (Les Adrets de l'Esterel) sur les hôpitaux et services publics de poximité
  • Annick Napoléon (Cavalaire) sur le maquis des règles administratives
  • Robert Beneventi (Ollioules) sur l'aide de l'Etat pour les nouveaux pouvoirs des maires en matière de prévention de la délinquance)
  • Max Piselli (Draguignan) sur l'aide de l'Etat aux communes touchées par les inondations de juin 2010 et sur la portée des futurs Plans de Prévention des Risques en matière d'inondations

Les réponses du Chef de l'Etat

Intercommunalité : "En France on compte 15500 syndicats intercommunaux, 2600 EPCI, 371 Pays. Dans le Var 110 syndicats intercommunaux, 15 EPCI. Que faire ? D'ici à la fin de juin 2013 nous aurons réorganisé la carte de l'intercommunalité. Mais que les petites communes se rassurent : le Préfet n'imposera pas ses choix, les élus auront une possibilité de blocage à la majorité des 2/3. Le Préfet propose : vous acceptez ou vous bloquez... Par ailleurs, pour ce qui est de la représentation de communes au sein des conseils communautaires, chacune aura au moins un siège et aucune commune, si grande soit-elle, ne dispoera de plus de la moitié des sièges.
Enfin pour ce qui est de
 l'élection des élus communautaires au sufrage universel direct, j'y suis opposé, car sinon on tuera les communes.
Cela étant, pour conclure sur le sujet, il s'agit d'un problème d'élus, sur lequel devront se pencher avant tout les parlementaires..." "

Finances locales : "Prenez l'exemple des landers allemands. Ils disposent de leur autonomie financière, et pourtant ils n'ont aucune fiscalité propre et vivent sur les dotations de l'Etat. Quand on dit en France que l'autonomie repose sur la fiscalité, c'est une erreur. Pensez aux communes pauvres... Quant à la suppression de la taxe professionnelle, elle n'aura pas d'incidence directe, car si une commune constate un manque par rapport aux recettes jusqu'alors perçues, une compensation sera opérée précisément par le biais d'une dotation du Fond de compensation...
A ce sujet, pour ce qui concerne Draguignan, durement touchée par les inondations, je suis prêt à faire plus, dans le cadre d'un fond national..."

Hôpital de Brignoles : "Nous constatons un déficit annuel de 10M€ sur un budget de 40 M€. On doit donc réfléchir. Je sais que c'est le seul hôpital dans un bassin de vie important. Mais peut-on continuer comme cela? En 2010, l'Etat a accordé 2 milliards d'euros de plus pour les hôpitaux, il faut être raisonnable... Je ne dis pas qu'il faut fermer nécessairement, mais il faut voir ce que l'on peut faire avec la télémédecine, le travail en réseaux, etc... Dans le cadre du futur Plan Hôpital 2012, financé à hauteur de 7 milliards d'euros, nous donnerons de l'argent pour les investissements s'il y a restructuration. Cela étant, je vais voir comment on peut donner un coup de main supplémentaire pour l'hôpital de Brignoles..."

Services publics de proximité : "On ne peut maintenir des structures qui ne correspondent plus à un véritable besoin. Dans les petites commeunes, plutôt que de maintenir un bureau de poste qui ne voit presque jamais personne, je suis pour aider le petit commerce local à ne pas fermer, en lui permettant de rendre ce service supplémentaire..."

La désertification médicale :" Vous avez évoqué aussi le problème posé par la désertification médicale. Il y a en France actuellement 210 000 médecins, soit plus que le pays n'en a jamais compté ! Mais ils sont mal répartis, on le constate de fait dans le Var en comparant le littoral et l'arrière-pays. C'est pour cela que nous allons prendre deux mesures :
- Nous allons payer les études de médecine  à 700 étudiants, qui s'engageront en échange à exercer dans les zones où il n'y a pas ou plus de médecins.
- Nous allons signer une nouvelle convention avec les médecins, pour que ceux qui pratiquent dans les zones sous médicalisées ne soient plus payés seulement à l'acte, mais reçoivent un plus correspondant au service public rendu..."

Jungle administrative : "Il faut savoir qu'actuellement 400 000 normes sont en vigueur. C'est de la folie !  C'est la raison pour laquelle nous préparons 160 mesures de simplification immédiate, et dès le mois de juin nous allons alléger considérablement ces normes... Ceci dit, il conviendrait que quelques semaines par an soient consacrées par l'Assemblée Nationale et par le Sénat à déligiférer...
Concernant le seuil des 4000 € pour l'appel à concurrence dans le cadre de chantiers communaux, je rappelle que nous l'avions relevé à 20 000 € mais que cela a été annulé par le Conseil d'Etat. Cela étant, je suis pour que 20 % des marchés passés par des collectivités territoriales soient réservés à des P.M.E. locales.

Prévention de la délinquance : " Je tiens à féliciter le Var et les maires du Var qui se sont investis dans le cadre de la nouvelle loi sur la prévention de la délinquance. Je soutiens totalement le principe des Cellules de Citoyenneté et de Tranquillité Publique... Si on veut être efficace en matière de lutte contre la délinquance, ce n'est pas une question d'effectifs mais de fichiers. J'ai été attaqué quand j'ai mis en place le fichier pour les délinquants sexuels... Mais grâce à cela, on a retrouvé, l'an passé, un criminel sur deux... La lutte contre la délinquance revint à l'Etat, la prévention aux maires. On vous accompagnera via le fond dédié à cette fin (50 millions d'euros en 2011)."

Inondations en Dracénie :  "J'ai toujours en mémoire les conséquences terribles de ces inondations et je pense aux victimes et à leurs familles . Je sais que c'est très dur pour les communes de faire face aux dépenses de reconstruction, surtout qu'il y avait des biens non assurables. 13 M€ supplémentaires sont débloqués, à répartir entre ces communes.
Mais je veux être ferme sur un point : pour les Plans de Préventions des Risques d'Inondations, qui sont élaborés et seront mis en place au cours du premier semestre 2012, la référence retenue est celle de la crue de juin 2010. Les anciens le savaient bien, qui disaient que, quand l'eau passe quelque part, elle repassera! Je ne veux pas que l'on stérilise tout, et je comprends vos craintes, quand vous dites que vous ne souhaitez pas voir vos territoires sanctuariés. Mais il faut être conscient des risques encourrus. Les PPRI sont là pour protéger les maires, car ceux qui vous demandent aujourd'hui un permis de construire dans une zone à risque, ne seront plus là pour vous protéger en cas de problème, alors même que vous serez en première ligne sur le plan de la responsabilité... L'Etat, en la circonstance, n'est pas votre adversaire, mais votre protecteur. C'est pour cela que j'ai donné des consignes strictes : on ne joue pas avec la vie des gens !"

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