Originaire d'Ollioules, entré
dans la "carrière" municipale en 1983, élu
maire en 1998 et réélu depuis, Robert Beneventi porte
sur la commune le regard d'un homme de terroir et de
terrain. Pas facile toutefois, comme il le reconnaît, d'administrer
une commune de 14000 habitants, voisine immédiate de
la géante sœur toulonnaise, avec l'idée de l'ouvrir
toujours plus sur la modernité sans pour autant
qu'elle y sacrifie son originalité, ses caractéristiques,
ses richesses patrimoniales et humaines, bref, son âme.
D'autant plus que se profile à l'horizon l'accueil à
court terme de la base terrestre du Pôle Mer, initié
par Toulon Provence Méditerranée, et qui devrait attirer sur
le territoire plusieurs milliers de cadres supérieurs
et ingénieurs. Sans parler de la future Ecole Supérieure
de Commerce avec son millier d'étudiants à la clé.
Même si Robert Beneventi a l'assurance
que sa commune accueillera sa part, certes, mais rien
que sa part, de cette vague de population, cela ne se
fera pas sans répercussions. D'où sa volonté affichée
de privilégier l'émergence de nouveaux types d'habitats
sur Ollioules, axés sur la densification urbaine
et non la consommation d'espaces.
Vidéo-interview : Robert Beneventi, maire d'Ollioules
Parallèlement, il
entend préserver les surfaces agricoles restantes (en
50 ans Ollioules a perdu 50 % de ses terres cultivables)
par la venue ou le maintien d' agriculteurs, en aménageant
à leur intention un pôle horticole, des marchés, des
filières courtes, etc. "bref, de quoi leur permettre
de vivre de leurs exploitations. " Même objectif
pour ce qui concerne le petit commerce, avec un aménagement
du tissu urbain prévu lui ausi dans le PLU (Plan Local
d'Urbanisme) de façon à ce que vive le village, car
"un commerce de proximité a besoin d'une
clientèle de proximité..." "Bien sûr,
reconnait toutefois Robert Beneventi, beaucoup
de projets ne deviennent possibles que parce qu'il y
a la communauté d'agglomération..." "Et
ce même si cela représente aussi quelques inconvénients...
" avoue-t-il. En résumé, Ollioules
marche vers le futur à pas prudents et mesurés, forte
aussi de divers labels qui viennent récompenser ses
efforts pour conserver son cachet de ville provençale
: "Ville et Villages Fleuris", "Les plus Beaux Détours de France", "Ville et
Métiers d'Art", (30 artisans ont élu domicile dans la vieille ville, grâce
à une intelligente politique de location) "Ville
amie des enfants"... Pas étonnant dans ces conditions
que Robert Beneventi, quand on évoque ses ambitions
politiques, déclare vouloir toujours préferer le mandat
de maire à tout autre...